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Rencontre

«kleinbasel» – Coup d’œil dans les coulisses

Texte: Nathalie Zeller / Vidéo: Safak Avci / Photos: Jürg Waldmeier / 21.03.2016

En exclusivité pour MyCard, Tanja Klein nous laisse jeter un coup d’œil dans les coulisses: c’est dans l’atelier de Bâle que sont réalisés tous les travaux de conception et de design pour tous les segments de clientèle. Venez jeter un coup d’œil!

«kleinbasel» dessert également une clientèle commerciale et des clients Corporate Fashion; elle réalise actuellement des vêtements professionnels pour le Musée national suisse de Zurich. Quelles sont les différences et les défis en matière de réalisation dans les différents segments de clientèle? Lisez la suite!

Votre clientèle commerciale compte douze magasins. Comment se déroule cette collaboration?
La clientèle commerciale achète à partir des collections de modèles. Chaque pièce est réalisée en taille 38 (taille M) à cet effet. Nous présentons ensuite cette collection au Salon de Zurich, auquel participent également d’autres marques. Nous y invitons nos clients, qui peuvent passer leur commande à cette occasion. L’un des avantages certains de nos collections, c’est qu’on peut facilement en extraire une partie, qui peut exister par elle-même et qui a fière allure. Il n’est pas nécessaire de reprendre toute la collection.

«Je téléphone chaque jour avec mon producteur tessinois, bien plus qu’à quiconque d’autre ans ma vie (rire).»

Combien de pièces produit «kleinbasel»?
Par saison, nous produisons environ 700 vêtements et 250 sacs.

C’est beaucoup!
Non, ce n’est pas beaucoup! Manor produit 10 000 pièces d’un même modèle de veste en cuir. Imaginez-vous: je réalise un modèle en quatre coloris et quatre tailles, ce qui représente déjà 16 pièces. Au total, nous produisons par saison environ 30 modèles, multipliés par coloris et tailles. Nous réalisons au minimum neuf pièces pour un modèle, et au maximum 30. Si nous en faisons 30, c’est beaucoup. Nous fabriquons en moyenne 20 pièces par modèle. C’est peu, pour les producteurs aussi. Ce n’est d’ailleurs même pas intéressant pour ces derniers, car ils doivent constamment changer de fil sur leurs machines à coudre et couper de nouvelles pièces. Ils préféreraient procéder comme pour Manor et produire 10 000 fois la même chose. Cet aspect a bien entendu un fort impact sur le prix. Le fabricant de sacs au Tessin devient presque fou quelquefois, lorsque je ne commande qu’un seul exemplaire d’un sac.


Mais la collaboration avec vos producteurs se passe bien?
Oui, très bien! Nous travaillons ensemble depuis de longues années déjà. Avec le producteur tessinois depuis 15 ans. Je lui parle tous les jours au téléphone, bien plus qu’à quiconque d’autre dans ma vie (rire).

Il est rare de nos jours de soutenir la place économique suisse. Comment parvenez-vous à maîtriser les coûts correspondants?
Je me demande quelquefois pourquoi nos clients trouvent nos prix chers. Si vous achetez un sac d’une marque connue, vous payez le même prix alors que le sac est fabriqué en Chine. Il en va de même pour un manteau. Bien entendu, je ne peux pas non plus m’offrir un tel vêtement tous les jours, mais ce n’est pas la question. Il s’agit de prendre en considération le produit, la matière dans laquelle il est réalisé, sa finition ainsi que le savoir-faire qui se cache derrière. Pour les grandes marques, un manteau coûte peut-être CHF 60.– à l’achat jusqu’à ce qu’il arrive en Italie, le reste du prix correspond au marketing et à la marque. Cela fait une grande différence par rapport à «kleinbasel», différence qui passe plutôt inaperçue, et le fait est que beaucoup de gens ne s’intéressent pas à tous ces aspects.

Vous réalisez également des vêtements professionnels. Quelles sont ici les principales différences en termes de travail par rapport aux collections de mode?
La principale différence réside dans le fait que l’on passe très vite à la direction du projet, ces projets étant en général extrêmement complexes. Lorsqu’un client veut introduire pour la première fois une tenue professionnelle, il n’a souvent aucune idée de ce qu’il veut faire, ni des aspects qu’il doit prendre en compte.
 

À partir d’août 2016, l'équipe du Musée national suisse de Zurich arborera un nouveau look Corporate Fashion, conçu par Tanja Klein. L’élégance classique sera mêlée à des accessoires audacieux: des pochettes de costume dont les couleurs donnent le ton pour les chaussures, bretelles pour les hommes, ceinture pour les femmes.

Vous travaillez actuellement pour le Musée national suisse de Zurich. Comment avez-vous obtenu cette commande?
Le Musée national suisse de Zurich a ouvert un concours auquel j’ai été invitée à participer. Et ce, à côté de grands acteurs comme Workfashion, qui travaille comme entrepreneur général dans ce domaine. Pour les BVB, j’ai exclusivement réalisé le design et assuré le conseil professionnel auprès du client. La production a été réalisée par une grande entreprise, nous n’aurions pas pu l’assumer. Malheureusement, cette dernière s’est également accaparé une grande part de la marge, car c’est avec la masse qu’on la dégage et non pas avec le design. Une grosse commande qui permet d’habiller 700 personnes et qui prévoit cinq pantalons et chemises pour chacune d’entre elles est très intéressante. De plus, le client revenant chaque année, vous n’avez plus qu’à ressortir la commande des tiroirs. Pour le Musée national suisse de Zurich, nous faisons absolument tout, et c’est très agréable. Il s’agit d’habiller environ 50 personnes et c’est un volume que nous arrivons encore à maîtriser.

Comment parvenez-vous à acquérir des clients B2B?
Cette prestation est proposée sur notre site Internet, mais pour l’instant, tout passe encore par moi, par mes contacts et références personnels; je ne pourrais pas encore déléguer cela à l’une de mes collaboratrices. J’ai travaillé autrefois dans le domaine Corporate Fashion et je m’y connais donc très bien; il suffit que je me rende aux briefings pour reconnaître très vite les besoins et les défis correspondants.

«kleinbasel» a été intégrée à la collection de design textile du Musée national suisse de Zurich. Qu’est-ce que cela signifie?
Cela signifie que ces pièces font désormais partie des archives (rire). Plus sérieusement: la conservatrice du musée m’a appelée pour me demander des pièces, en souhaitant toutefois que je me différencie par rapport à des marques suisses similaires, déjà représentées dans la collection de design. Je me sens un peu flattée, je l’avoue.

Vous êtes à la recherche de tenues attractives? Venez jeter un coup d’œil! Pour vous-même, en tant que femme urbaine et branchée, ou pour votre équipe ou votre entreprise: www.kleinbasel.net
 

Catégorie:

shopping, loisirs, mode, story

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